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| Laurent MULOT France |
| Ligneur aux Pierres Noires |
3h30, il est temps d'avaler le café noir, de préparer le casse-croute : Il faut être à bord dans 3/4 d'heure.
Programme de la journée : Bars et Lieus aux Pierres Noires.
Encore endormi mais je suis tout impatient, autant que j'ai froid à cause de l'humidité ambiante.
Personne n'est réveillé, le port est calme, un chat tout miteux se dispute un bout de chinchard avec un goéland argenté tout aussi mal peigné.
Momo et moi faisons glisser la plate le long de la cale. Mise en route de la "mobylette des mer" (5cv evinrude), direction l'Iroise. Une fois à bord, Momo contrôle le niveau d'huile, ok, inspection du fond de cale et démarrage des 42 cv. Momo vient à la poupe vérifier que la pompe de cale ne rejette ni huile ni gas-oil.
Au bout de 5 minutes, nous larguons les amarres et sortons du port. Brrr! La petite brise me glace les os. J'enfile ma cotte de ciré. "Punaise que c'est dur!", je dois encore avoir la marque du matelas sur la joue.
Le temps passe et laissons les Aliguenous (un vilaine cardinale) sur tribord. depuis longtemps l'éclat rouge du phare nous indique le cap... L'aube pointe son nez frais et laissons le phare sur babord. Plus que 45 minutes de route et nous serons sur les bases. Pour vu que la fine brume naissante nous permette d'aligner nos amers.
10 minutes, Momo sort ma ligne et la prépare : 150 mètres de gut en 110 centième se terminant par un bas de ligne en 70 centième sur lequel prennent place 3 beaux redgill et un snack de 400gr.
Pour Momo, se sera sa canne avec 1 redgill et un snack.
L'allure diminue, l'aiguille du sondeur gratte la bande de papier thermique qui déroule lentement. Le moteur fait silence et l'Iiroise vit de son erre.
"Vas-y ptit prince, tu peux mettre à l'eau, on y est". Enfin les choses sérieuses vont commencer.
But du "jeu" : Laisser filer le snack jusqu'au fond (80-90m) et une fois arrivé en bas, sans attendre, remonter 30-40 la ligne le plus vite possible. Tout ça pour permettre au bas de ligne de frôler les pics de roche qui se dressent sur 20m.
..."Ils sont là !": Je venais de remonter une dizaine de mètres lorsque je ressens de grosses secousses sur ma ligne. C''est lourd et ça tire par saccades brutes et violentes. Il ne faut pas laisser le poisson prendre de la ligne, il faut la remonter et là le gut commence à entailler la peau de la deuxième phalange des index. Encore un coup de tête du poisson durant la remontée et c'est la chaire qui goute à l'eau salée ruisselant de la ligne. "M'en fout car se sont 3 beaux lieus de 3-4 kg chacun qui viennent crever la surface". Momo fait preuve d'une sacrée dextérité au maniement du bascroc pour mettre à bord tout se beau monde.
Chacun de nous remplissons notre part de"'ils sont là!" durant 1h30 et cela se calme aussi vite que cela avait commencé.
Il est temps maintenant d'attaquer le bar.
Le principe de pêche est le même mais les bases sont différentes.
Et ... "Ils sont là!".
Oh misère ! Il y en avait sur ma ligne et à 30mètre de la surface, plus rien, cassé, "J'ai CAS...". Pas le temps de finir mon coup de gueule que Momo hurle "Pas normal, Ca va pas!". Je le regarde et vois sa canne décrire un demi-cercle presque parfait. L'interrogation laisse place très vite à la stupeur lorsque un amas argenté atteint la surface. "Vite l'avaneau ! j'ai repris ta ligne !". Je n'y comprenais rien mais il fallait faire vite.
Tout, tout est à bord : Momo remontait deux bars qui venaient de mordre au moment de ma casse. Pour une raison de Mer, les poissons qui s'en allaient avec mon bas de ligne se sont retrouvés pris à leur tour, emmêlés avec ceux de Momo.
Ce jour là encore Momo avait ri aux éclats.
Le retour se fit sous un soleil radieux et quelques moments de surf. Mes doigts étaient gonflés et ouverts mais 100-120 kg de lieus étaient rangés dans les caisses et 40-50 kg de bars brillaient à l'ombre du roof. |
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